L’essentiel à retenir : le baromètre 2025 révèle une fonction RH sur le fil, où un engagement record de 88 % compense une fatigue éprouvée par 66 % des acteurs. Comprendre cette dualité permet de cibler les actions de prévention, car seule la passion du métier empêche aujourd’hui un désengagement massif face à la surcharge et au manque de reconnaissance.
Pourquoi le moral fonction rh 2025 affiche-t-il une résistance surprenante alors que l’épuisement professionnel et la surcharge mentale saturent le quotidien des équipes ? Cette analyse du baromètre expose les trois typologies de fatigue qui fragmentent la profession, variant considérablement selon la taille de la structure, l’âge ou le sexe des praticiens. Vous saisirez ainsi les mécanismes par lesquels un attachement viscéral au métier constitue l’unique digue empêchant une vague de départs massifs malgré un contexte difficile.
- Le paradoxe de la fonction rh en 2025 : un engagement de fer dans un gant de fatigue
- Trois entreprises, trois fatigues : quand la taille de la structure dicte l’épuisement
- Le profil du rh à la loupe : âge, ancienneté et sexe face à l’usure
- Les visages de l’engagement et du départ : qui sont les rh sur le fil ?
Le paradoxe de la fonction rh en 2025 : un engagement de fer dans un gant de fatigue
Le moral fonction rh 2025 révèle une fracture saisissante entre une vocation inaltérable et une usure systémique. Si l’étude du 7 novembre 2025 confirme un engagement quasi militant, elle expose simultanément des niveaux de fatigue qui virent au rouge vif, créant une tension insoutenable sur le long terme.

Un attachement au métier plus fort que jamais
Contre toute attente, le sentiment d’utilité grimpe à 82% tandis que l’engagement culmine à 88%. Ces indicateurs, en hausse de 7 points depuis 2023, prouvent une consolidation spectaculaire de l’identité métier qui semble imperméable aux crises successives.
Cette fierté constitue la clé de voûte de la résilience RH face aux tempêtes organisationnelles. La preuve ? Seulement 14% des répondants envisagent de quitter la fonction, un taux dérisoire comparé à la pression subie.
Cette passion viscérale reste l’unique rempart contre un quotidien professionnel de plus en plus sombre.
La réalité brutale des chiffres de l’épuisement
Pourtant, le revers de la médaille est violent : la fatigue déclarée frappe 66% des professionnels et le stress reste élevé pour la moitié d’entre eux.
Les causes de ce mal-être sont clairement identifiées et pèsent lourd :
- Charge de travail lourde ou très lourde : 68%
- Manque de reconnaissance de la fonction : 64%
- Perspectives d’évolution limitées : 76%
- Intention de quitter l’entreprise : 46%
La tendance est alarmante : la charge de travail bondit de 12 points par rapport à 2024, tandis que les perspectives de carrière s’effondrent brutalement de 17 points depuis 2023. Ce sentiment de stagnation devient le véritable talon d’Achille du secteur.
Trois entreprises, trois fatigues : quand la taille de la structure dicte l’épuisement
La fatigue RH n’est pas monolithique ; elle change de visage selon l’environnement. Au-delà du constat global, voyons comment la taille de l’entreprise sculpte le quotidien des professionnels.
| Indicateur | PME (< 250 salariés) | ETI (250-5 000) | Grands Groupes (> 5 000) |
|---|---|---|---|
| Niveau de stress élevé | 72% | 58% | 46% |
| Charge de travail lourde | 70% | 69% | 62% |
| Soutien psychologique accessible | 23% | 40% | 58% |
| Fonction peu reconnue | 68% | 62% | 58% |
| Envie de quitter L’ENTREPRISE | 54% | Moyenne | Moyenne |
| Envie de quitter LA FONCTION | 10% | Moyenne | 20% |
PME : la fatigue du « tout-faire » et de l’isolement
Dans les structures de moins de 250 salariés, le quotidien est un marathon solitaire. Le stress y est très élevé (72%) : la polyvalence vire à la surcharge sans filet. Le soutien psychologique est quasi inexistant (23%). Si 54% veulent quitter l’entreprise, leur attachement viscéral au métier les retient.
ETI : la fatigue de la transformation permanente
Pour les ETI, le stress (58%) reste fort, alimenté par la cadence des transformations. C’est néanmoins un écosystème plus équilibré : soutien (40%) et reconnaissance sont plus palpables, les perspectives moins limitées (72%). Ici, le soutien et la prévention des risques s’organisent mieux, boostant l’engagement.
Grands groupes : la fatigue structurelle et le manque de latitude
Dans les mastodontes (+5 000 salariés), les chiffres surprennent. Stress (46%) et fatigue y sont plus faibles grâce à un soutien psychologique développé (58%). Mais ce confort a un prix : l’envie de quitter la fonction RH y culmine (20%). Le poids des processus et les silos étouffent le sens et la latitude d’action.
Le profil du rh à la loupe : âge, ancienneté et sexe face à l’usure
La taille de l’entreprise ne fait pas tout. Pour comprendre l’usure, il faut zoomer sur l’humain. Le moral fonction rh 2025 varie grandement : certains profils encaissent mieux le choc que d’autres.
L’ancienneté, un accélérateur de fatigue
L’expérience ne protège pas, elle expose. Plus les années s’accumulent, plus la fatigue s’installe. Les juniors, avec moins de cinq ans de pratique, s’en sortent mieux avec 58 % de fatigués.
À l’inverse, les vétérans accusent le coup. Ceux ayant plus de quinze ans d’expérience sont 74% se sentent fatigués et 58 % stressés. Pour eux, le sentiment de stagnation devient un fardeau quotidien.
La courbe en « U » du bien-être selon l’âge
Le rapport à l’âge dessine une trajectoire surprenante. On observe une courbe en « U » très nette concernant le bien-être.
Le creux de la vague est un sommet de sérénité. La tranche des 30-39 ans trouve le meilleur équilibre, épargnée par les pics de stress. Leur perception de la reconnaissance reste solide.
Passé ce cap, la situation se dégrade. Les plus de 50 ans cumulent les difficultés : pic de fatigue (71 %), de stress (56 %) et une perte nette de reconnaissance.
Le poids du genre : les femmes plus exposées mais plus attachées
Dans une profession féminisée à 79 %, le constat est amer. Les femmes subissent une fatigue (68% vs 59%) et un stress (52% vs 46%) plus marqués que les hommes.
Pourtant, un paradoxe émerge. Malgré cette surexposition, elles restent fidèles au poste. Elles sont moins nombreuses à vouloir quitter la fonction RH (13 %) que les hommes (17 %).
- Femmes (79% du panel) : 68% de fatigue, 52% de stress, 13% d’intention de quitter la fonction.
- Hommes (21% du panel) : 59% de fatigue, 46% de stress, 17% d’intention de quitter la fonction.
Les visages de l’engagement et du départ : qui sont les rh sur le fil ?
En croisant toutes ces données, on voit se dessiner des profils très nets. Qui sont aujourd’hui les piliers de la fonction, et qui sont ceux qui risquent de la quitter ?
Portrait du rh le plus engagé : la passion comme moteur
Si on regarde les chiffres, le profil qui tient la barre est clairement identifié. C’est typiquement une femme entre 30 et 45 ans, affichant 5 à 10 ans d’expérience, souvent au cœur d’une ETI. C’est dans cet environnement intermédiaire qu’elle trouve son équilibre.
Son état d’esprit tranche avec la morosité ambiante. Elle se sent utile, alignée avec la stratégie globale et s’appuie sur un soutien collectif solide. Sa fatigue reste modérée, car elle perçoit l’impact direct de son action et souhaite continuer à grimper les échelons.
Portrait du rh le plus désengagé : le risque de rupture
À l’opposé du spectre, le signal d’alarme clignote pour un autre profil bien précis. Il s’agit d’un homme ou d’une femme de plus de 45 ans, cumulant plus de 15 ans d’expérience. On retrouve souvent ce professionnel isolé dans une petite structure ou noyé dans un grand groupe.
Le constat est ici beaucoup plus sombre : une fatigue chronique s’installe, doublée d’une perte de sens et d’un sentiment d’ingratitude face à l’investissement fourni. Ce désenchantement est tel qu’il a déjà envisagé de claquer la porte ou de tenter une reconversion professionnelle pour changer radicalement de voie.
La constante : une passion qui résiste à tout
Pourtant, ne nous y trompons pas. Malgré ces écarts de vécu parfois violents, un fil rouge relie presque tous ces profils : la passion viscérale du métier.
C’est cet attachement profond à l’humain qui empêche la rupture totale. Ce moteur principal maintient la profession à flot, même si le moral fonction rh 2025 montre des signes évidents d’essoufflement chez les plus expérimentés.
Si l’engagement viscéral des professionnels RH constitue aujourd’hui leur principal rempart contre l’épuisement, cet équilibre reste précaire. La fonction ne pourra indéfiniment puiser dans ses réserves de passion. Il devient urgent pour les organisations de transformer cette résilience individuelle en une reconnaissance structurelle, garantissant ainsi la pérennité de ce maillon essentiel.